  Compte rendu du camp d'été de la Porte Ouverte - 13 au 19 juillet 2009Du 13 au 19 juillet dernier, la Porte Ouverte à LUX, en Bourgogne, a accueilli son traditionnel camp d'été, avec cette année la participation de Mission Vie et Famille représentée par Anne-Marie et Nigel desquenne, Marlyse Peudepièce, Gérard et Martine Hoareau.
Durant cette semaine, nous avons été richement bénis, enseignés et éclairés par les différentes interventions des orateurs, mais aussi par les jeux proposés (présentés comme autant de « paraboles vivantes » nous permettant de mettre en évidence certains aspects de notre vie de relations), les rencontres artistiques, sans oublier la soirée cinéma qui a suscité un débat et des échanges d'une rare profondeur.
Nous étions une quarantaine d'adultes et plus de quarante enfants, venant de France, de Suisse ainsi que de Belgique. Le cadre beau et paisible de la Porte Ouverte est propice au recueillement et au repos. Il a permis au groupe de vivre de chaleureuses rencontres et une intense communion fraternelle. La Porte Ouverte en effet s'étend sur un vaste domaine comprenant une chapelle, des espaces verts (favorable aux activités sportives et de plein air), un magnifique jardin et 2 châteaux qui servent de résidence pour les participants. Comme dans tout camp d'été, il a fallu un petit temps d'adaptation et d'observation pour briser la glace, mais très vite l'ambiance est devenue joyeuse et chaleureuse.
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|  | Le thème principal de cette semaine était : « L'amour, ça se construit ! », que les orateurs ont décliné en plusieurs sujets : La connaissance gonfle d'orgueil, l'Amour construit
La semaine a été introduite par une réflexion sur ce verset de 1 corinthiens 8:1. L'idée de départ était de ne pas chercher à opposer la connaissance à l'amour mais à nous sensibiliser sur le fait que la connaissance, dépourvue d'amour, n'était pas le chemin que Dieu voulait nous voir suivre. Nous avons eu une courte réflexion sur la complémentarité Science/foi sous réserve que chacune des deux garde sa place et respecte celle de l'autre. Nous avons aussi observé que l'amour était une sorte de garde fou dans notre recherche de connaissance qui n'est pas toujours guidée que par de bonnes motivations. Qu'est ce qui motive notre désir de connaître ? Découvrir la richesse de la création divine. Ou, au contraire, Chercher à dominer sur le monde du fait de notre refus de vouloir « lâcher prise ».
Nous avons vu aussi, qu'en temps que Chrétiens, nous n'étions pas à l'abri de ce danger par notre propension, parfois, à vouloir être détenteurs de la vérité alors que nous n'en sommes que des témoins. Nous avons vu aussi que l'amour se devait d'être prépondérant car la connaissance parle à l'esprit alors que l'amour au cœur. Nous avons aussi, bien sur, regardé ce que 1 Corinthiens 13 avait à nous dire sur le sujet et en particulier sur le fait que l'amour était en quelque sorte le stade ultime de la connaissance. Nous avons regardé aussi comment cela pouvait s'appliquer au couple, comment l'amour était un chemin vers la connaissance de l'autre qui devait nous pousser vers lui et non pas rester dans une démarche égocentrée qui serait le signe d'un désir de maîtriser l'autre par une connaissance dépourvue d'amour. Nous avons vu aussi qu'en matière de relations conjugales et de relations humaines, de façon plus générale, nous devions apprendre à mettre notre intelligence au service de l'amour.
Le mariage, du minimum à la plénitude
De quoi rêvons-nous ou avons-nous rêvé au sujet du mariage? Nous rêvons tous d'une alliance durable, d'amour partagé, de tendresse, de douceur dans nos rapports, de patience et de soutien dans les moments difficiles, les temps d'épreuve et de souffrance .... Au travers de ces rêves que nous portons tous, c'est en fait Dieu qui nous inspire son bon plaisir. Quelle que soit donc notre situation - jeunes couples, familles recomposées, couples séparés, en difficulté ou en état de guerre, parents seuls ou personne seule - nous désirons et rêvons tous de plénitude dans nos relations. Nous avons réfléchi ensemble aux conséquences de l'exhortation curieuse qui nous est faite dans la lettre aux Colossiens, chapitre 3, versets 12 à 16 : « Ainsi donc vous qui êtes choisis par DIEU saints et bien aimés revêtez vous de tendresse, de bonté, d'humilité, de douceur, de patience, supportez vous les uns les autres et faites vous grâce ..........et par dessus tout revêtez de l'amour qui est le lien parfait ». En effet, nous devons nous revêtir « par dessus tout » de l'amour. L'amour comme un vêtement, source de protection contre les intempéries, notre nudité, protection contre le regard d'autrui, mais aussi moyen de nous embellir et de nous mettre en valeur. Nous revêtir de l'amour au quotidien, de façon constante et volontaire, aimer le prochain – notre plus proche prochain – comme nous-mêmes, comme quelqu'un qui nous ressemble. Nous nous sommes aussi rappelés de la réponse de Jésus au spécialiste de la loi qui voulait savoir « quel était le premier de tous les commandements ». Le premier commandement, c'est : ECOUTE, Israël ! Le Seigneur notre Dieu est UN, Le Seigneur notre Dieu est UNIQUE. C'est LUI qui est au-dessus de TOUT et en TOUS. C'est LUI le Seigneur glorifié et magnifié de l'univers. C'est lui le CREATEUR du monde et de la VIE. Et parce que il est unique, « tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force». Voilà l'essence et la source de l'amour : ECOUTER Dieu, le mettre au centre de notre attention, de notre existence et de notre amour, parce qu'il est Dieu et que nous sommes ses créatures. Oui, la plénitude dans les relations c'est possible, car c'est la volonté du SEIGNEUR à notre égard.
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| Les différences dans le couple grains de sel ou de sable
Nous avons vu que les différences, et en particulier, mais pas uniquement, les différences hommes/femmes, étaient voulues dès le départ par Dieu, comme source de fertilité, protection contre l'orgueil de l'homme et aussi moteur indispensable pour faire du couple, une entité souple et adaptable face à l'aventure de chaque vie humaine. Souvent les différences sont ce qui nous attire vers l'autre au début. Elles permettent, à condition de vouloir garder son couple vivant, une édification mutuelle par cette quête perpétuelle de l'autre menée par chacun des conjoints, tout en sachant que nous ne pourrons jamais comprendre totalement notre conjoint. Et c'est tant mieux car :
la réalité vaut mieux que nos rêves. la joie est aussi dans la complicité qui s'installe, dans la confiance de cette recherche mutuelle. cela nous oblige à vouloir rester attentif à l'autre, à en faire notre priorité.
Nous avons passé en revue, de façon humoristique, des grandes différences entre hommes et femmes pour prendre conscience, qu'au delà des caricatures, il y a de réelles différences de fonctionnement qui sont, depuis la création du monde, un moteur de l'humanité par la source infinie de richesse qu'elles représentent. Mais ces différences sont aussi à l'origine de nombreuses difficultés de communication. Nous sommes aussi inégaux dans nos capacités à gérer les différences avec, en fonction des domaines, des zones de résistance, des zones de confort et des zones de créativité. Nous avons regardé les éléments qui pouvaient limiter nos capacités de gestion des différences (notre éducation, nos modes de communication, les conséquences des blessures du passé, la maltraitance, les lacunes dans les fondements bibliques, le poids des croyances, de la culture, des traditions, le ressassement du passé). Cela nous a conduit à une réflexion sur pourquoi les sources d'attirance deviennent des sources de conflits, une analyse de la notion « d'agacement », des éléments positifs de ce sentiment, signe de la mise en marche du processus de construction de l'identité du couple mais aussi des frustrations que cela implique. Nous avons vu que c'était une façon de diminuer la fatigue mentale que génèrent en nous les différences au quotidien mais qu'il fallait rester vigilant pour que cela ne dérive pas. En effet, il faut réussir à sortir des agacements par la construction d'une solution commune et non pas par la mise en place de stratégies de contournement que nous avons étudiées. Nous avons vu que les enfants, en particulier, étaient un sujet de confrontation important des différences d'autant qu'ils arrivent souvent alors que le couple est dans sa phase de réalisme. Nous avons conclu par l'étude de 5 hypothèses fausses qu'il faut combattre dans la gestion de nos conflits dus à nos différentes :
L'autre perçoit la situation de la même manière que nous. L'autre fait les mêmes déductions que nous, à partir d'une situation donnée. Les situations et les actions suivent nécessairement une logique qui est la nôtre. La communication est indépendante de nos sentiments. L'autre ressent les mêmes sentiments et émotions que nous.
Nous sommes finalement arrivés à cette conclusion : faire de nos différences une force de notre couple est ambitieux mais réaliste. Par contre, cela implique que nous sachions, au quotidien, mettre notre couple à l'écoute de Dieu tout en voulant être acteur de notre couple. Cela doit être notre priorité, d'où la nécessité de laisser du temps au temps tout en sachant le prendre.
Héritier de son histoire, une famille dans ses bagages
Une famille, mais aussi des amis, des habitudes, des traditions, des coutumes, des conceptions, une mentalité et des modes d'actions dans nos bagages : nous avons réalisé que 1 + 1 = 4, voire 8, 16, 32 ! Car l'aimé (e) amène avec lui (avec elle) dans ses bagages, outre sa longue histoire, des cohortes de personnes inconnues qui font pourtant partie de sa vie : collègues de travail, amis, mais aussi toute une troupe d'oncles, tantes, sœurs, frères, belles-sœurs, cousins par alliance, grands parents, etc. Admettons qu'il est difficile de plaire à tout ce beau monde, mais reconnaissons aussi que ce beau monde ne nous plaît pas toujours complètement non plus ! Nous avons aussi considéré la place particulière que nos parents avaient dans nos bagages. Ils sont les plus proches, mais aussi les plus actifs, dans ce qui peut être une emprise sur le couple. Selon Jean-Claude Kaufmann, trois fois sur quatre, les relations entre parents, beaux parents, enfants et beaux enfants sont bonnes, voire neutralisées. Pour le dernier quart par contre, elles sont spécialement aigres et sources de profonds agacements (qui peuvent aller au-delà de « l'agacement normal »). La seule réponse : la négociation conjugale, prendre position et quitter progressivement, résolument, concrètement et joyeusement ! Genèse, chapitre 2 verset 24 : « l'homme quittera son père et sa mère et s'attachera à sa femme et ils deviendront une seul chair ». Quitter pour s'attacher afin de devenir une seule chair, quitter notre famille, quitter toutes formes d'influences, de dépendances, quitter nos conceptions et de devenir nomades de cœur et d'esprit.
Devenir un, oui mais lequel ?
Sous ce titre un peu provocateur, l'idée était de revisiter ce passage de genèse 2 autour du verset 24 afin de démonter quelques fausses bonnes idées comme celle du couple fusionnel. Nous avons vu que, si cette étape fusionnelle était normale en début de vie commune, elle ne devait pas durer sous peine de devenir une source de tension pour chacun des partenaires. Nous avons vu ce qu'elle pouvait avoir de dommageable, en particulier au moment de ce qu'on appelle communément la crise de milieu de vie, mais aussi, plus généralement face à l'évolution continuelle de chacun d'entre nous du fait de la vie, des évènements, de notre prise d'âge. L'idée était de nous montrer que ce verset de Genèse 2 :24 nous appelait à un défi beaucoup plus fort mais en même temps beaucoup plus valorisant : réussir, à partir de deux individus qui restent complets, à construire une nouvelle entité - le couple - qui soit plus fort que simplement la somme de 2 individualités. Cela passe, par exemple, dans la nécessité de réussir à ce que les décisions importantes soient des décisions communes dans lesquelles, les deux conjoints se sentent impliqués et motivés. Nous avons regardé, de ce point de vue, la situation particulière de la femme du fait du poids de l'histoire, de la société et même de l'Eglise et insisté sur le fait que la volonté de Dieu était qu'elle soit cohéritière de son royaume, sur un même plan que son mari. Nous avons regardé plus particulièrement les paradoxes Unité/Différences qui sont au cœur du couple avec ce besoin de concilier le fait que chacun des deux partenaire doive rester lui même avec celui qu'il ait fait le choix de la priorité du mariage. Cela nous a amené à mettre en avant la nécessité du pari de la complémentarité contre la tentation de l'uniformité afin de savoir naviguer entre deux risques : mettre l'accent sur les différences au détriment de l'unité et mettre l'accent sur l'unité au détriment des différences. Nous avons repris le contexte du verset de genèse 2 :20 pour voir qu'il ne fallait pas le regarder sans prendre en compte les versets qui l'entourent comme par exemple, le verset 25 : « L'homme et sa femme étaient tous deux nus, et ils n'en avaient point honte » pour prendre conscience que le mariage est un contexte qui nous renvoie à avant la chute. Dans le mariage 1+1 ne fait pas 1 ni 2 mais 3 et ce troisième est une construction continuelle. Nous avons aussi regardé le parallèle que nous pouvions faire avec la trinité en nous rappelant qu'Ephésiens 5 fait le lien entre la relation mari/femme et celle de Christ et son Eglise et fini par une définition de Louis ANSPACHER qui dit que le mariage est la relation entre homme et femme dans laquelle l'indépendance est égale, la dépendance mutuelle et l'obligation réciproque.
Artisan de son amour au quotidien
Au travers de la lettre aux Ephésiens, nous avons réfléchi à quatre exhortations concrètes qui nous permettront, avec l'aide de l'Esprit, d'être artisan des nos relations : « Rachetez le temps » (Ephésiens 5-16), « Sans plus attendre… », car nous n'avons pas/plus de temps à perdre. Toute occasion perdue est vraiment perdue. Pour les autres, pour moi. C'est une question de priorités. « Mettez-vous en colère, et ne péchez pas » (Ephésiens 4-26). Oui, il est possible de se mettre en colère sans faire de mal à l'autre. Nous avons vu qu'il ne faut pas confondre «colère » et «irritation » (Matthieu 5, 21 à 26 et Éphésiens 4, 25 à 32). Il y a des colères souhaitables, nécessaires et justes, et des colères vaines, injustes et haineuses que nous devons éradiquer de nos vies. Les colères « justes » sont celles qui me permettent de ne pas entretenir de ressentiments, d'exprimer mes souffrances et de mettre en lumière des situations d'injustice. En fait, elles nous permettent de nettoyer nos relations de tous les racines d'amertumes. « Soyez remplis par l'Esprit » (Ephésiens 5-19). Les conséquences de cette plénitude ? Parlez-vous.. Non pas de façon superficielle, mais régulièrement, de manière approfondie et efficace. Relation horizontale. Chantez et célébrez le Seigneur.. Exprimons par le chant notre joie de connaître le Seigneur. Relation verticale. Rendez toujours grâce pour tout.. Savoir dire « merci » à Dieu : pour cette journée, pour l'autre, pour le salut offert, pour tout ! Relation verticale. Soumettez-vous les uns aux autres.. Car le contraire de la soumission, c'est la volonté de posséder l'autre, de s'imposer à lui, de prendre le pouvoir sur lui. Se soumettre, c'est accepter « d'être le plus jeune et celui qui sert » (Luc 22-26). C'est renoncer aux luttes de pouvoir. Relation horizontale. « Faites-vous grâce » (Ephésiens 4-32). En effet, nous restons dans un sillage de haine, d'agressivité, de destruction et de mauvais sentiments chaque fois que l'on préfère :
Se taire, plutôt que de parler et de « reprendre », Absoudre, plutôt que de traiter un problème à fond, Enfouir sa colère, plutôt que de la reconnaître et de la traiter, Se venger, plutôt que de remettre ses griefs à Dieu, Rester dans la disgrâce plutôt que de faire grâce.
Les autres activités
Durant ce camp, comme je le dis en introduction, nous avons aussi expérimenté le jeu comme style et forme de communication et d'instruction. Nous avons aussi regardé ensemble le film « Sans plus attendre » (The bucket list), sorti en 2008, avec Morgan Freeman et Jack Nicholson. Le cinéma comme moyen efficace de communication, je le savais déjà, mais comme support d'enseignement, d'avertissement et même de guérison, je l'ai découvert durant ce camp. Le débat qui a suivi ce film fut riche en émotion et en enseignements insoupçonnés. Merci à Marlyse et Philipe qui nous ont gratifié d'un excellent après midi artistique. Sans oublier le clou du camp, une magnifique soirée musicale à l'abbaye de Tournus avec le groupe Voie et Voix composé de 5 chanteurs Coréens de l'opéra de Paris.
Conclusion
Passer du temps ensemble, apprendre à mieux se parler et à mieux aimer, à mieux s'aimer dans nos couples, se ressourcer aussi, tant spirituellement que physiquement, faire des rencontres, même de très belles rencontres : quelle bénédiction fut ce camp ! Un grand merci à toute l'équipe de la Porte Ouverte pour l'accueil et la disponibilité. Nous faisons également un clin d'œil à la cuisine pour les légumes frais, cueillis le matin dans le jardin de la Porte Ouverte, et qu'on nous servait aux repas. Merci à Mission Vie et Famille, initiateur du programme. Merci à toutes les personnes présentes à ce camp pour l'amour manifesté. Enfin merci à notre Seigneur et Sauveur JESUS d'avoir conduit toutes choses !
Un seul bémol, dommage que le camp ne dure qu'une semaine. Vivement l'été prochain !
Guy Noel et Marie Dominique |
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