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La relation d'aide



"Et ce que je demande dans mes prières, c'est que votre amour abonde de plus en plus en connaissance et en vraie sensibilité; qu'ainsi vous sachiez apprécier ce qui est important, afin d'être sincères et irréprochables pour le jour de Christ, remplis du fruit de justice qui vient par Jésus-Christ, à la gloire et à la louange de Dieu".

Nous pouvons, en tant que conseiller chrétiens, tomber dans des pièges subtils. Il est légitime, par exemple, de vouloir fonder bibliquement les convictions que l'on a en matière de relation d'aide.

Le problème est que, souvent, nous fondons nos postulats sur deux ou trois versets seulement ! Et si d'aventure quelques résultats viennent confirmer notre approche, alors nous transformons ces postulats en dogmes!

On ne dira jamais assez le danger des simplifications abusives, de "soutien psychologique à bon marché". La relation d'aide perd son essence - le tact affiné - quand elle prétend soulager la souffrance des autres au moyen de «ya qu'a!».

En faisant cela, nous ne marchons plus selon l'amour, nous nous trompons d'objectif. Lorsqu'une relation de confiance authentique est établie, la relation d'aide s'attache à mettre la personne en présence de la grâce de Dieu, avec la certitude que Dieu pardonne. Ce pardon découle du sacrifice de Jésus-Christ, et il nous est offert gratuitement.

Les forteresses tombent lorsqu'on est confronté à la grâce de Dieu. La repentance devient alors possible, et au lieu de la fuite devant Dieu, on se tourne vers lui.

Evènement 

La relation d'aide selon Mission Vie et Famille

1 - La relation d'aide, qu'est ce que c'est ?

...C'est une situation dans laquelle
deux personnes entrent
en relation, l'une faisant explicitement appel à l'autre
en lui exprimant une demande
aux fins de traiter, résoudre, assumer un ou des problèmes
qui la concerne."

                Catherine Tourette-Turgis 

La relation d'aide utilise des outils indispensables pour comprendre et aider efficacement les personnes en souffrance morale ou psychique.
On estime qu'à l'heure actuelle une personne sur deux aurait besoin d'un accompagnement psychologique.
La relation d'aide constitue donc une nécessité pour notre société contemporaine.

Quand et pourquoi consulter ?

La toute première raison de consulter est la SOUFFRANCE.

Comment définir la souffrance ?

Est-ce qu'il ne s'agirait pas d'un mal-être intérieur, un mal de vivre se traduisant par une sensation d'oppression, le sentiment d'être perdu et dont l'origine n'est pas clairement identifié?
A cela viennent parfois et même souvent s'ajouter des souffrances physiques : des douleurs, des insomnies ou des cauchemars, des troubles obsessionnels, des crises de panique…
Cette souffrance peut être générée par l'une des cause suivantes :

  • angoisse, anxiété, stress

  • dépression, désintérêt pour tout

  • difficulté à lâcher-prise : peur de ne pas contrôler

  • difficultés relationnelles, difficultés à communiquer
    
  • échecs amoureux, professionnels

  • phobies, inhibitions

  • manque de confiance en soi

  • peur de l'inconnu et du changement

  • troubles psychosomatiques

  • chocs post-traumatiques

La relation d'aide

Elle apporte une aide ponctuelle pour traverser une période difficile ou surmonter un problème identifié, en permettant de se recentrer sur soi et de se resituer en tant qu'acteur de sa vie. Dans une relation d'aide, il s'agit tout d'abord de trouver en nous-mêmes des nouvelles ressources pour une meilleure confiance en soi et une plus grande créativité à élaborer des solutions aux difficultés présentes.
En résumé : reprendre des forces, dépasser l'épreuve et en sortir plus fort, mieux armé pour continuer sur le chemin de sa vie.
Elle peut être aussi une réponse à un besoin de se libérer d'un sentiment d'étouffer, d'être envahi par trop d'émotions enfouies, tenaces, un besoin d'exprimer des colères jamais exprimées, des larmes refoulées, des peurs que nous essayons de raisonner. Elle nous aide alors à faire la paix avec notre monde émotionnel, avec notre corps, avec les autres, avec nous-mêmes.
Quoi qu'il en soit, dans une psychothérapie comme dans une relation d'aide, le thérapeute nous écoute et nous accorde son attention, sans jugement : on peut donc lui livrer ses zones d'ombre sans crainte d'être rejeté. Cela nous permet de vivre une relation que nous avons rarement connue tout au long de notre vie depuis l'enfance : cette relation dans laquelle nous nous sentons écouté, compris, accepté nous aide à nous écouter, à nous comprendre, à nous accepter. Une relation qui restaure ainsi en nous, notre capacité à nous faire confiance et à faire confiance aux autres.

Le thérapeute a plusieurs cordes à son arc, plusieurs outils, plusieurs approches et utilise au mieux toutes ses compétences au service de la personne qui vient lui demander de l'aide et selon les difficultés apportées. Il lui appartient de faire preuve de créativité et d'ingéniosité pour imaginer l'aide qui sera la plus appropriée et la plus facilitante pour aider à l'émergence et au développement des ressources su Client.

Carl Rogers comptait davantage sur la personnalité du thérapeute, ses expériences, bien plus que sur ses diplômes et ses formations théoriques. Pour ma part, je pense qu'avant d'être une technique, la pratique de la thérapie est un art.
 
Nous voyons le thérapeute comme un guide qui accompagne un voyageur dans le désert. Ce guide doit avoir les capacités suivantes :

  • il veille à ce que le voyage soit celui du voyageur qui choisit sa destination, ainsi que le chemin pour y parvenir. Bien que le guide puisse suggérer différentes voies, ou indiquer des pistes que le voyageur ne connaît pas, le choix final appartient au voyageur.

  • il a une connaissance parfaite du terrain. Même si le chemin que le voyageur aura choisi d'emprunter lui est inconnu, parce qu'il est un habitué de ces dunes arides et des vastes étendues, il pourra faciliter le périple du voyageur. Grâce à son expérience et en bon éclaireur, il saura reconnaître des pistes quasi invisibles, percevoir les premiers signes d'une tempête de sable ou un ciel annonçant un orage, c'est-à-dire des dangers ignorés du voyageur et les moyens de les affronter. Il saura encore encourager le voyageur dans ces passages difficiles et l'aidera à dépasser ses peurs.

  • il aura prévu les nourritures nécessaires pour tout le voyage ainsi que l'eau suffisante et des chameaux pour transporter tout l'équipement. Le voyageur se sentira ainsi en sécurité.
  • il sait que l'oasis existe et que le voyageur pourra y parvenir quelque soit le chemin qu'il aura choisi de prendre. Quand les dunes apparaîtront toutes semblables, que la piste sera totalement effacée par la tempête de sable, que le voyageur doutera de son choix et doutera d'arriver à destination, le guide rassurera le voyageur. La confiance et la tranquillité du guide permettront au voyageur d'atteindre son but.

Que faire quand un proche va mal ?

Il ne s'agit pas de se substituer au « psy », mais avant tout autre chose d'entendre son mal-être. Etre disponible, lui permettre de parler de son problème, d'y voir plus clair, de ne pas être seul et de savoir qu'il est
    
important pour nous.
Ensuite, s'il décide de se faire aider par un professionnel, le soutenir dans sa démarche, jusqu'à ce qu'il commence à se sentir plus fort.
En résumé, ce dont a besoin quelqu'un qui va mal, c'est de savoir qu'il est relié à des personnes qui l'apprécient et qui l'aiment.
Il s'agit donc de maintenir et d'entretenir le lien.

2 - Quelques éléments bibliques de la relation d'aide

  • « Dieu les bénit ; Dieu leur dit : Soyez féconds, multipliez vous..(Genèse 1-28)

  • « Il faut que lui [Jésus] croisse et que moi, je diminue » (Jean 3-30)

  • « Que vous croissiez dans la connaissance de Dieu » Colossiens 1-10

  • « Afin que par lui, vous croissiez pour le salut » (1 Pierre 2-2)

  • « Croissez.. dans la grâce et la connaissance de Jésus » (2 Pierre 3-18)

  • « En disant la vérité, dans l'amour, nous croîtrons » (Ephésiens 4-15)

  • « Nous vous encourageons à progresser encore » (1 Thessaloniciens 4-10)

Comme l'atteste les versets ci-dessus, nos vies sont appelées à devenir des lieux de croissance, de « multiplication » et de fécondité. Tout ce qui vit grandit et croît, ne reste ni statique, ni recroquevillé. A la lecture de ces quelques versets il apparaît clairement que Dieu nous invite à entrer dans un processus dynamique qui va toucher tous les aspects de notre vie et les faire croître : la foi, la connaissance, l'amour, la maturité, le salut. Le moteur de cette croissance est bien entendu notre enracinement dans le Christ qui veut, selon les mots de Jean, « croître » et  « augmenter » en nous. Le fruit de cette « accroissement » sera notre aptitude à marcher de progrès en progrès, mais surtout « l'abondance » de l'amour dans notre vie avec ses conséquences bénéfiques, comme l'indique l'Apôtre Paul dans Philippiens 1-9 : « Et ce que je demande dans mes prières, c'est que votre amour abonde de plus en plus en connaissance et en vraie sensibilité ; qu'ainsi vous sachiez apprécier ce qui est important...».

« Que votre amour abonde de plus en plus en connaissance et en vraie sensibilité ». D'autres versions de la Bible parlent de « clairvoyance et de pleine intelligence », de « tact affiné et de sensibilité parfaite ». L'amour est comme une sève vivifiante qui doit « abonder de plus en plus » dans notre vie et nous faire croître en connaissance, en vraie sensibilité, en clairvoyance, en pleine intelligence, en tact affiné...  L'amour, don du Seigneur, nous sensibilise à la vie de l'Esprit. Il fait grandir en nous le sens de la mesure, de la nuance et des convenances dans nos relations avec autrui. Si nous avons ce discernement, conséquence de l'amour que Jésus offre, nous nous épargnerons bien des tracas et éviterons bien des bêtises. L'amour permet d'apprécier ce qui est important. Il nous apprend à distinguer le fondamental de l'accessoire et nous aide à faire la différence, dans notre vie quotidienne, entre les montagnes et les taupinières ! Ce discernement là permet de regarder sérieusement les petites choses et paisiblement les choses sérieuses. Il nous conduit à penser avant d'agir et à prier avant de penser.

L'amour, enfin, nous fait porter du fruit qui vient « par Jésus-Christ, à la gloire et à la louange de Dieu ! » L'amour ne nous est pas offert pour nous complaire en nous-mêmes ou nous accommoder de nous-mêmes. Il nous est donné pour porter du fruit ! Nous repensons à la parabole du cep et des sarments : « Sans moi, dit Jésus, vous ne pouvez rien faire » (Jean 15 : 5). Ces paroles soulignent notre responsabilité et ses limites, la fidélité nécessaire et la foi indispensable. L'amour que Jésus dépose dans nos cœurs doit sans cesse nous ramener à lui, la source de l'amour, pour nous faire croître.


3 - A l'attention de ceux qui désirent aider…

En guise d'introduction, précisons que dans la communauté chrétienne, nous ne sommes pas appelés à être les « psys » des frères et sœurs. Notre démarche est d'abord d'ordre « fraternel » et  « communautaire », même si des risques d'ambiguïté existent (il y a cependant des similitudes avec « l'approche  psychologique »). Il nous semble cependant que le plus le plus grand problème auquel nous sommes confrontés est celui de la « position dissymétrique » que le conseiller  ne peut éviter d'avoir à l'égard des personnes qu'il aide. Cette dissymétrie est la condition d'une aide efficace et pertinente. Dès lors, la question se pose à nous : comment, dans la communauté chrétienne, rendre cette dissymétrie compatible avec les liens et l'intimité fraternels que nous sommes appelés à cultiver ? Notons également que la Bible n'est pas un livre psychologique, même si elle contient des trésors de bon sens, de sagesse, de vie et de  psychologie ! Nous pouvons  d'autre part affirmer que le Seigneur est notre vie et notre source d'inspiration. Mais reconnaissons aussi qu'à bien des égards, nous ne pouvons pas l'imiter dans sa manière unique d'approcher les gens. Donc, nous devrons éviter de faire de  « l'angélisme » évangélique !  C'est à tous ces points, et à d'autres, que nous allons essayer d'apporter des réponses dans la suite de cet enseignement. Dans un premier temps, nous pouvons donc lister ce qui nous semble être les attitudes « incontournables » de celui qui désire aider, dans la communauté chrétienne.

Renoncer à la toute puissance. La toute puissance qui domine, contrôle et maintient la personne aidée dans la dépendance et l'infantilisme. Mais c'est aussi la toute puissance de celui qui se croît maître par rapport au disciple, fort par rapport au faible et bien-portant par rapport au malade ; la toute puissance de celui qui croit savoir par rapport à l'ignorant et du faux-humble qui est en fait un vrai orgueilleux. Le lavement des pieds dans Jean 13 est certainement le modèle et l'antidote absolu pour nous éviter de tomber dans le piège de la toute puissance : « Car je vous ai donné l'exemple, afin que, vous aussi, vous fassiez comme moi j'ai fait pour vous » (verset 15). Jésus, dans le lavement des pieds, c'est « Dieu à nos genoux », avec tout ce que cela représente de vertigineux, d'incompréhensible (l'attitude de Pierre) et de contraire aux convenances. L'Evangile, c'est le monde à l'envers. Notons que Jésus a une compréhension profonde de son identité : il sait d'où il vient, où il va et que Dieu a tout remis entre ses mains. Sachant cela, il transforme la compréhension profonde qu'il a de son identité en attitude de service, de serviteur et d'esclave.

Pour nous, « être serviteur » a plusieurs conséquences :

  • C'est désirer imiter, car le disciple n'est pas plus grand que son Maître. L'humilité sera donc la première marque visible de la personne qui aide

  • C'est suivre l'exemple et être au service des autres

  • C'est être conscient de ses limites et de la co-humanité qui nous lie à celui que l'on aide

  • C'est aussi être conscient de ses forces et de son « état de grâce » (co-gracié)

  • C'est faire le présent de sa présence, avec patience

  • C'est reconnaître que l'on n'est pas le maître des autres, ni leur gourou

  • C'est être heureux, comme le souligne le verset 17
Renoncer à la toute puissance, c'est accepter de ne pas s'enraciner dans la vie des gens, mais c'est aussi veiller à ce que les gens aidés ne soient pas tentés de s'enraciner dans nos vies. En effet, la tentation est grande parfois d'utiliser celui qui aide comme une béquille qui va nous permettre de rester dépendant et enfant. Il faudra insister sur ce point : devenir libre est plus important, plus riche et fécond que rester dans la dépendance ou l'infantilisme.

Trouver la bonne distance. A notre niveau, c'est savoir adapter notre attitude, à l'image du Seigneur dans  Luc 7-38 et Jean 20-17. Dans le premier texte, Jésus accepte qu'une femme pécheresse mouille de ses larmes ses pieds, les essuie avec ses cheveux, les embrasse en y répandant du parfum. Dans le deuxième texte, il refuse net que Marie-Madeleine le touche : « cesse de t'accrocher à moi », lui dira-t-il fermement. Trouver la bonne distance entre douceur et fermeté, entre accueil sans réserve et invitation à l'action, entre position « dissymétrique » et compassion, entre « porter les fardeaux des autres » et ne pas assister les gens, entre s'impliquer avec ceux qui souffrent et les lâcher pour qu'ils progressent.

Mais la bonne distance, c'est aussi savoir s'adapter à des gens différents, sans se renier ni faire de compromis ; c'est faire la différence entre le fondamental et le circonstanciel, sans sacrifier l'essentiel ni être partial. C'est ce qui a de plus frappant dans l'attitude de Jésus : il accueille spécifiquement des gens aussi différents que Nicodème, la Samaritaine, Zachée, le jeune homme riche ou Simon le Pharisien. A chacun il communique une parole personnalisée qui les rejoint dans leur vécu et les aide à faire le pas qu'ils ne savent ou n'osent pas faire. Trouver la bonne distance c'est être suffisamment proche des gens pour entendre ce qu'ils disent et aussi ce qu'ils ne disent pas, pour discerner les vraies confessions des fausses, pour apprécier les motivations apparentes et les alibis non conscients. On peut dire que l'objectif essentiel de cette écoute est de bien faire la distinction entre les réelles souffrances – que l'on doit essayer d'apaiser – et les bénéfices secondaires inavoués – que l'on doit chercher délicatement à mettre en lumière. Ceci revient à dire que trouver la bonne distance, c'est aussi être assez loin des gens pour ne pas les empêcher  de grandir et de devenir autonomes. Etre à bonne distance, c'est un art à part entière qui commence dans la pratique et s'affine au travers de l'expérience.

Regarder l'autre avec les yeux du cœur. Car les yeux se scandalisent aisément, alors que le cœur cherche à comprendre, à se mettre à la place. Ceci est important pour ne pas juger les gens, ni les condamner, mais aussi pour être prêt à tout entendre. Encore faut-il écouter attentivement, sans réponse hâtive ! L'objectif ici est clair : c'est accueillir suffisamment l'autre pour l'aider à découvrir le pas qu'il n'ose pas faire et qu'il faudra bien faire à un moment ou un autre ! Ecouter, c'est apprendre à poser les bonnes questions, sans intrusion, mais sans confusion également. Ceux qui désirent aider doivent énergiquement cesser de plaquer leurs stéréotypes sur les gens qu'ils veulent aider. C'est plus important en effet de comprendre vraiment qui ils sont, où ils en sont dans leur vie réelle plutôt que de les prendre là où nos préjugés les imaginent être. Regarder avec les yeux du cœur, c'est aussi regarder avec foi la vie et la fécondité qui sommeillent chez les gens, et ce qu'ils deviendront demain quand ils seront plus libres. C'est encore le Christ qui nous inspire : dans Jean 4, il fait de cette femme Samaritaine au passé lourd, marginalisée et rejetée par son village, la première missionnaire de l'ère chrétienne, qui ira porter à ses concitoyens la bonne nouvelle du Messie. Jésus ne s'arrête pas à ce que les gens sont. Il les voit « devenir ». C'est, il nous semble, une qualité essentielle que doivent cultiver ceux qui désirent aider.

En formation continue. La personne qui veut aider les autres correctement devra développer en permanence :

  • Sa compétence technique, car la maîtrise du savoir que l'on possède est indispensable si l'on veut être pertinents

  • Ses aptitudes pédagogiques, afin de pouvoir transmettre son savoir et son expérience
de façon claire, intelligente et efficace

  • Sa maturité humaine et spirituelle, car il ne suffit pas de savoir ce que l'on sait, Dieu nous demande aussi de vivre ce que l'on sait

  • Sa clairvoyance et son discernement spirituel, sans jamais se croire propriétaire de l'Esprit !

La formation que nous proposons a pour objectif de répondre à ces quatre points et de montrer que quelque chose est possible ! Cependant, il ne faudra pas en rester là. Chaque volontaire à la relation d'aide devra encore se donner les moyens des objectifs qu'il veut atteindre et de la pertinence qu'il veut développer.

4 – A l'attention de ceux qui ont besoin d'aide

Reconnaître son besoin d'aide et d'être aidée. C'est le préalable indispensable à toute restauration. Cette reconnaissance permet de porter un regard lucide et juste sur soi et ainsi de renoncer aux prétextes et alibis douteux que l'on peut avoir. Du moins à toutes les bonnes raisons que l'on a pour ne pas changer ou pour trouver des avantages personnels dans les situations (difficiles) que l'on vit. Dans l'Evangile, Jésus cherche toujours à susciter cette prise de conscience chez ceux qui ont besoin d'aide, et qui n'en font pas forcément la demande. L'exemple de son entretien avec la Samaritaine dans Jean 4 est à, cet égard, très significatif. Dans cette rencontre, c'est lui Jésus qui est « demandeur ». Nous soulignons ce point par rapport à ce que nous avons vu avec la démarche des psychologues qui accueillent des demandes et qui, dans l'entretien clinique, ne sont pas eux-mêmes en situation de demande. On voit aussi fréquemment Jésus répondre aux vrais problèmes des gens, sans forcément répondre à la question qu'ils posent mais à celle qu'ils auraient du poser. En effet, pour ceux qui expriment le besoin d'être aidé, un travail profond sur leurs vraies motivations est souvent engagé par Jésus (Nicodème dans Jean 3 ou le docteur de la loi dans Luc 10).

Mettre des mots sur ses maux. La formule est élégante, mais c'est vraiment la base de toute relation d'aide. Une sorte de « clef de l'âme ». Ceux qui ont besoin d'aide devront apprendre à dire ce qui fait mal, ce qui fait souffrir ou ce qui met en colère. Mais aussi dire l'indicible, la honte, la peur, la haine, la soif de vengeance. L'Apôtre Paul dans Ephésiens 4-21 invite les croyants à « se mettre en colère », en précisant cependant de ne pas pécher en laissant le soleil se coucher sur leur colère.  Il est intéressant de trouver cette exhortation dans un contexte où nous sommes invités justement « à nous parler les uns les autres avec vérité ».

Cependant, soyons conscients que l'apprentissage de la « mise en mot des maux » ne sera possible que si des questions pertinentes et adaptées sont posées : « Que dis-tu de toi ? », « Quels sont tes rêves de vie ? », « Que devrait-il se passer quand ton couple sortira de l'impasse ? », « A quoi reconnaîtrez-vous que votre couple va mieux ? », « Dans le problème que vous traversez, y-a-t-il un avant et un après ? », « A quand ou à quoi remonte cette haine que tu nourris à l'égard de ton père ou de ta mère », « Pourquoi cette jalousie irrationnelle à l'égard de ton frère ou de ta sœur », etc..

Quand le climat de confiance est établi, celui qui souffre n'aura pas de peine à se « dire ». C'est tellement vrai que Jésus saisit toujours l'occasion d'établir un vrai dialogue avec ses interlocuteurs : la parole est l'antichambre de la liberté, de la guérison et de la restauration ! Mettre en mots ses maux est important car 100% des gens qui sortent de leurs problèmes ont commencé un jour par en parler. Cela ne veut pas dire malheureusement que tous ceux qui parlent de leurs problèmes parviennent à les résoudre.

Que dois-je faire ?C'est la bonne question ! De cette question peut jaillir la vie, un vrai recommencement ou une restauration complète. Il est donc important, pour la personne qui a besoin d'aide, de parvenir à se poser cette question simple. Quand on se pose cette question, on n'a plus d'alibis (en principe). On se sent réellement impliqués et concernés. On se reconnaît propriétaires de sa vie et de ses choix, sans rendre les autres responsables de ses non-choix. On passe à l'action, après la réflexion, les doutes, les hésitations et les remises en question. On trouve cette question dans de nombreux passages du Nouveau Testament : Luc 3-10 à 14 ; Actes 16-30 ; Matthieu 19-16 ; Luc 10-25 ; Marc 10-17 ; Luc 18-18 ; Actes 2-37. Nous vous renvoyons au rapport d'atelier que nous avons mené sur ces textes lors du dernier week-end. On peut dire en résumé que chaque fois que cette question est posée il y a une invitation très forte à se positionner, à mettre en œuvre une compréhension ou une découverte nouvelle, à poser des actes, à cesser de vivre en intention pour vivre en décision. C'est aussi à cela que sont invités tous ceux qui sollicitent l'aide des autres et qui se demandent « que dois-je faire ? ».
Mais guérir pour quoi ? Il nous semble que sur ce point, l'Evangile a aussi un message spécifique qu'il faudra tout le temps rappeler. Dieu veut nous guérir pour que nous puissions aller plus loin et être plus féconds (Jean 4-1 à 43 ; Jean 8-1 à 11). Mais il veut aussi nous faire sortir de notre isolement afin que nous ne soyons plus recroquevillés sur nous-mêmes (Jean 9 -1 à 38). Nous sommes aussi appelés à être plus libres (Luc 19-1 à 10), à grandir et à progresser (Jean 3- 1 à 13). Il y a cependant un point sur lequel l'Evangile insiste beaucoup : Dieu nous guérit pour faire du bien et « pour être rendus » à ceux à qui nous avons le plus manqués ! (Marc 2-12 ; Marc 5-19 ; Marc 8-26 ; Luc 9-42 ; Luc 7-15). C'est ici la reconnaissance explicite que notre souffrance parfois nous éloigne et nous coupe de nos proches. Une fois rétablis, il existe une sorte de « priorité «  de retour et de « restitution ». « Va faire du bien à ceux qui ont le plus souffert de ton absence, de tes manques, de ta souffrance et de ton égarement ».


5 – De la solitude à la communauté

Dans l'Eglise, les forts et les faibles, les « aidés et les « aidants », se retrouvent ensemble !
« C'est pourquoi accueillez-vous les uns les autres comme le Christ vous a accueillis » (Romains 15). L'Eglise est lieu d'accueil réciproque et d'équilibre dans lequel va s'exercer notre désir d'aider, mais dans lequel nous allons pouvoir aussi exprimer notre besoin d'aide. L'Eglise n'est pas un « club » où l'on se retrouve par affinité ou parce que nous avons des intérêts communs. L'Eglise est le lieu d'accueil et de vie des personnes graciées ! Des personnes qui ne se sont pas forcément choisies.

« Comme le Christ ». Le « comme » ne donne pas en exemple la façon, car celle du Christ est unique (référence à la croix), mais le champ d'application, l'ouverture, Jésus n'a rejeté personne à priori. « Comme » ne met pas en en évidence une manière particulièrement chaleureuse de recevoir par exemple, mais le fait qu'il n'y a pas de partialité dans l'accueil. Ce sont les critères de réception qui sont visés. C'est bien le sens du contexte (Romains 14), les uns (anciens païens) méprisent les autres encore marqués par leur éducation juive, (et vice versa en remplaçant mépriser par juger). Accueillez-vous comme le Christ vous a accueillis : le premier verbe est à l'impératif présent (continuez à vous recevoir) le deuxième à l'aoriste action passée, datée, achevée. La situation à Rome est la suivante. D'un côté, il y a les jeunes chrétiens qui ne sont pas déliés de leurs habitudes juives – aliments et jours – de l'autre des chrétiens qui se sentent libres sur ces questions, d'autant plus facilement qu'ils étaient peut-être d'origine païenne, ils n'avaient donc pas à « digérer » leur éducation juive. Le fond de l'affaire est simple, ils ne se considèrent plus comme frères, ils ne se reçoivent plus comme partenaires ceux qui ont des idées et pratiques différentes des leurs. La différence est la raison du jugement, du refus d'accueillir. Ce n'est pas à nous de décider qui est recevable. C'est le CHRIST qui reçoit, qui « adjoint ». En jugeant, ils se prennent pour le Christ. Les uns et les autres ne sont pas les portiers du Royaume, ils n'ont pas à se mêler d'une question réglée : Christ a accueilli. Reste ensuite à gérer la différence, mais cela ne fait presque plus partie de l'accueil, il est fait, il ne dépend plus de nous. Il s'agira pour les uns de ne pas juger malgré l'envie qu'ils en ont, pour les autres de ne pas mépriser malgré la tentation qui peut être la leur. L'humilité dont parle Pierre (1 Pierre 5-5) permet de ne pas croire que nous sommes les dépositaires de la vérité et juges des autres. L'attitude Jésus lavant les pieds de ses disciples dit quel est l'esprit de l'accueil mutuel.

Les uns les autres. Les expressions « les uns, les autres », « l'un, l'autre », « mutuellement » ou « réciproquement » sont répétées plus de 137 fois dans le Nouveau Testament. Du moment que nous trouvons si fréquemment des exhortations concernant les relations des uns avec les autres, c'est qu'à côté des uns, il y a les autres. C'est à dire que les chrétiens sont appelés à vivre avec des frères et sœurs dans une église locale dont il partage les problèmes et les responsabilités. La solitude est devenue l'un des problèmes les plus lancinants de notre monde actuel. Tel n'est pas le plan de Dieu : la vie du chrétien implique des relations suivies avec les autres membres du corps. Cette vie ensemble nous apprend à travailler en équipe, à valoriser les autres, à nous corriger mutuellement et à grandir ensemble. D'autre part, les chrétiens auxquels les apôtres s'adressent vivaient dans un cadre précis, où les uns connaissaient les autres. Il était alors possible de s'entraider et d'être solidaires les uns des autres. Ces autres ne peuvent pas être tout le monde. Ce sont des gens précis que l'on connaît, avec lesquels on entretient des relations privilégiées. C'est dans le cadre précis de l'assemblée de ceux qui ont été appelés hors du monde (« Ecclésia »), que Dieu nous éduque à entretenir des relations avec l'ensemble des hommes. Dieu brise progressivement le cercle étroit de notre égoïsme en élargissant peu à peu le cadre de notre affection : d'abord la famille, puis l'Église, et enfin le monde. Dieu veut nous apprendre à connaître et à accepter des gens de plus en plus différents de nous. « Œuvrons pour le bien de tous (tel est le but), mais premièrement (c'est la première étape du chemin) dans la maison de la foi » (Gal 6.10). « Poursuivez toujours le bien, les uns envers les autres, (première étape), comme envers tous » 1 Th 5.15).

Cette expression implique aussi que nous ayons des relations concrètes et constantes avec les membres de notre communauté. Si nous voulons obéir aux différents impératifs associés à l'expression « les uns les autres », nous devons aller bien au-delà des relations qu'il est convenu d'entretenir entre bons voisins. Si je veux exhorter mon frère, il faut que j'apprenne d'abord à le connaître ; s'il doit veiller sur moi, je ne puis me retrancher derrière l'excuse commode : « ce sont mes affaires privées ». Si je veux aimer mes frères et sœurs, « en action et avec vérité », il faut que j'aille les voir, que j'apprenne à connaître leurs besoins et leurs problèmes, que je leur consacre du temps pour les aider. Nous devons entretenir des relations précises et suivies !
Enfin, il est frappant de constater que toutes ces exhortations s'adressent à l'ensemble des chrétiens. Dans la plupart de nos Églises, nous nous attendons tout naturellement à ce que certaines fonctions soient exercées par des pasteurs ou des responsables d'Églises : l'enseignement, l'exhortation, l'édification. S'il est vrai que certains dans la communauté ont des dons particuliers pour effectuer un service donné, cela ne nous dispense pas pour autant de nous mettre au travail, sans « transférer » nos responsabilités. Force aussi est d'admettre que les relations voulues par Dieu dans l'Église sont très diverses. Il n'y a pas d'uniformité dans le plan de Dieu et nous ne pouvons pas nous croire quittes de nos obligations en obéissant seulement à l'un ou l'autre de ces commandements.
Tous ces commandements divers sont de simples variantes du plus fréquent d'entre eux : « aimez-vous les uns les autres ». La plupart des exhortations associées à « les uns les autres » se rapportent à l'amour mutuel et à ses diverses manifestations.
    

Entretiens de relation d'aide

Nous proposons ce service dans notre bureau en région parisienne et dans d'autres régions, ainsi que par téléphone ou par correspondance. Les entretiens personnalisés sont aussi possibles lors des séminaires dans les églises, les retraites à thème et pendant les camps.

Dans tous les cas, la prise de rendez-vous se fait par téléphone ou par mail.

Nos conseillers exercent des activités de conseils, d'information, de prévention et d'éducation sur les sujets liés à la vie conjugale, relationnelle, affective, sexuelle et familiale. Ces entretiens personnalisés s'adressent aux couples et aux personnes seules. Nous animons aussi des groupes de discussions auprès des jeunes et des adultes.


Nous intervenons également dans le cadre de l'Eglise (pastorale, retraite, week-end, séminaire, conférence..) sur tous les thèmes qui sont liés à la vie relationnelle :

  • Relations Parents/enfants
  • Le couple et le mariage
  • Le célibat et la personne seule
  • La communication
  • Le pardon
  • La sexualité
  • « Les uns les autres » dans l'Eglise
  • Apprendre à écouter et à aider
Etc...

Nous vous invitons à consulter la liste complète des thèmes que nous traitons sur le site de MVF. Ces retraites sont essentiellement organisées durant le week-end, mais nous pouvons aussi, sur demande, animer ces séminaires en semaine.

Il est également possible d'envisager des séries de conférences, en principe sur 3 week-ends, pour approfondir un thème particulier.